Qu’est-ce exactement que la Biennale de Venise ?

Chaque année, de Mai à Novembre, se déroule un spectacle très étonnant à Venise. Les rues, les Palazzo et Giardinis se parent, pour le plus grand plaisir des visiteurs, d’oeuvres des plus grands artistes internationaux. Petit retour sur l’histoire d’une des plus prestigieuses manifestations culturelles au monde.

124 années d’existence

Pour célébrer les 25 ans de mariage du roi Humbert 1er et de Marguerite de Savoie, le conseil municipal de Venise décide d’organiser une exposition biennale d’art. La première exposition internationale d’art de la cité de Venise voit donc le jour en 1895. Les artistes vénitiens, italiens et internationaux avaient donc la possibilité d’exposer leurs oeuvres dans les Giardinis (jardin situé dans le quartier de Castello à Venise) et au pavillon central construit pour l’occasion. 200 000 visiteurs feront le déplacement !

Le succès se répétant de biennale en biennale, les pays invités à présenter leurs artistes construiront leurs propres pavillons au sein des Giardinis. Le pavillon français, dessiné par l’ingénieur Faust Finzi, sera inauguré en 1912 pour une exposition de l’oeuvre de Rodin.

 

 

A partir des années 30, la Biennale commence à s’ouvrir à d’autres expressions artistiques telles que la musique, le cinéma et le théâtre. L’architecture sera introduite à partir de 1980 et la danse en 1999.

Aujourd’hui, Venise organise en alternance tous les deux ans la Biennale d’architecture de Venise (ou Exposition internationale d’architecture) et la Biennale d’art contemporain de Venise, et accueille de nombreux festivals parallèles dédiés aux autres formes d’arts.

Un Lion d’or vient récompenser le travail d’un artiste dans chacune des catégories présentes.

2019, lumières sur l’art contemporain

Cette année, la Biennale est placée sous le signe de l’art contemporain. Environ 90 nations y participent, et un pavillon international sensé donner les tendances de l’art à venir. Les institutions et grosses galeries privées organisent également de nombreuses expositions individuelles.

Les œuvres d’art s’approprient toute la ville, et s’exposent aussi bien dans les Giardinis, les Palazzo, les galeries d’art et les églises, mais aussi les anciens bâtiments de l’Arsenale, dont l’artillerie et la corderie.

 

 

A moins d’y passer les dix derniers jours restant avant la clôture de la Biennale,  il vous sera malheureusement difficile de tout voir.  Heureusement il y a des habitués pour nous montrer le chemin ! Anaïs Montevecchi est spécialiste en médiation de l’art contemporain, et cette année elle a eu la chance de parcourir la cité des Doges de fond en comble, notamment pour y guider des groupes de passionnés d’art contemporain. « Mon sentiment général sur cette édition est plutôt enthousiaste: j’ai adoré l’exposition officielle que j’ai trouvé très fraîche, en contraste avec des pavillons nationaux assez faibles. Les expositions des événements collatéraux étaient quant à elles un peu classiques à mon goût mais de très belle qualité. En effet, on résiste difficilement au plaisir de voir ou de revoir les œuvres de Jannis Kounellis ou James Lee Byars ».

Elle nous livre ses impressions et nous conseille sur les lieux à visiter en premier…

 

Puissions-nous vivre une époque intéressante !

L’EXPOSITION OFFICIELLE

« Cette année, j’ai adoré la proposition de Ralph Rugoff, commissaire de cette édition : découvrir moins d’artistes que les autres années (il a choisi « seulement » 70 artistes contre une moyenne de 300 les autres années), afin d’avoir le plaisir de les retrouver dans l’exposition de l’Arsenale ET des Giardinis, avec une pièce différente sur les deux lieux. Ralph Rugoff a joué un vrai rôle de défricheur de jeunes talents et a donné un espace d’expression à des artistes peu connus du marché de l’art. Contrairement à beaucoup de curateurs, il a choisi de laisser la voie libre aux artistes sélectionnés, sans les étouffer sous une thématique omniprésente. En effet « May you live in interesting times » rassemble des artistes qui développent une vision singulière de notre époque, sans cadrer les réflexions dans une voie plutôt qu’une autre.

 

 

LES PAVILLONS NATIONAUX

Pour être très honnête, je n’ai pas eu de réel « coup de cœur » pour un pavillon cette année. Du côté de l’Arsenale, on peut néanmoins retenir l’impressionnante « tapisserie » métallique d’El Anatsui présentée au pavillon du Ghana pour sa première participation nationale à la biennale de Venise. Le pavillon luxembourgeois tire également son épingle du jeu avec la proposition poétique et aquatique de Marco Godinho « written by water », qui propose à la Méditerranée d’inscrire elle même son histoire sur des cahiers. Du côté des Giardinis, je n’ai malheureusement pas embarqué dans le Road trip sous acide proposé par la française Laure Prouvost, que j’ai trouvé trop faible esthétiquement et conceptuellement. Je suis néanmoins entrée dans la danse du pavillon Suisse où Renate Lorenz et Pauline Boudry proposent une vidéo chorégraphique intitulée « Moving Backwards », qui propose une réflexion pertinente sur la notion de temps et de progrès: « slow food », « low tech », reculer d’un pas nous permettra-t-il d’avancer plus loin ?

 

 

LES ÉVÉNEMENTS COLLATÉRAUX

Du côté des événements collatéraux, j’ai été enthousiasmée par plusieurs propositions. L’exposition « the spark is you », proposée par la fondation londonienne Parasol Unit, rassemble 9 artistes iraniens dans le cadre enchanteur du conservatoire de musique. L’exposition « Dysfunctional » rassemble quant à elle les artistes de la galerie Carpenters Workshop, dans une exposition manifeste pour le design artistique ou la sculpture fonctionnelle. Au sein des collections de la Galleria Franchetti, s’opère un dialogue au sommet entre art contemporain, art classique et design. Enfin, j’ai beaucoup aimé l’exposition « Luogo e segni » à la Pointe de la Douane. Cette exposition collective rassemble 36 artistes sous le commissariat de Martin Bethenod et Mouna Mekouar. Une exposition toute en légèreté et en fragilité où les œuvres de la collection Pinault entrent en résonance avec le lieu magique et ses vues de la ville à couper le souffle ».

 

 

La 58e exposition internationale d’art se clôture le 24 novembre 2019, il vous reste encore quelques jours pour vous décider à sauter dans un avion…

Bonne visite !

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Raphaëlle Boutié I Murs Blancs